Méthodes de bouturage au jardin


Il existe diverses manières de bouturer les plantes et diverses époques propices. Selon les jardiniers, les régions, les climats, voire les espèces, des tours de mains différents seront mis en œuvre.

On fait des boutures de 15 à 20 cm

Les boutures de bois sec
- Contrairement à ce qu’évoque l’expression, le bois, ici, n’est pas sec, mais simplement en repos végétatif, après la chute des feuilles. Ce bouturage ne s’applique donc qu’aux espèces à feuillage caduc et essentiellement aux arbres et aux arbustes.
- On utilise de préférence des pousses situées à l’extrémité, celles qui se sont développées pendant la saison qui vient de se terminer. L’on veillera à ce que les rameaux utilisés ne soient pas trop durs, car plus le bois est lignifié, moins l’émission de racines est facile.
- Le bouturage à bois sec concerne surtout les rosiers, en particulier les espèces botaniques et les variétés anciennes. La plupart des grandes variétés hybrides sont, en effet, réfractaires au bouturage.
- Se bouturent également ainsi : l’érable negundo, le platane, le peuplier, le saule, le tamaris, le buddleia, le bignonia,la clématite, le cornouiller, le Cotoneaster horizontalis, le deutzia, le forsythia, la corète du Japon, le cytise, le troène, certains chèvre-feuilles, le framboisier, la vigne vierge, le seringa, la renouée, le groseillier, la spirée, le cassissier, le figuier...
La méthode est simple :
- On fait des boutures de 15 à 20 cm en moyenne. Une bonne technique consiste à les prélever au moment de la taille, hormis pour les arbustes à floraison printanière, qui ne sont taillés qu’après la floraison. On coupe la bouture à la bonne longueur en taillant en biseau au-dessus et sous un œil. Sur une pousse d’un mètre de longueur on peut prélever environ 3 ou 4 boutures. La partie basse du rameau ainsi que l’extrémité ne sont pas utilisées.

On rassemble les boutures en petites bottes

- On rassemble ensuite les boutures à bois sec en petites bottes d’une douzaine environ, qu’on lie avec un morceau de ficelle ou de raphia et qu’on étiquette (nom de la plante et variété). Puis on les met en jauge au pied d’un mur exposé au nord en les enterrant aux 3/4 dans une petite tranchée contenant du sable. Le plus souvent on dispose les bottes de boutures obliquement sur une des parois de la tranchée.

- Les boutures à talon
- se pratiquent peu avec les boutures ligneuses. L’expérience prouve, en effet, que les boutures d’hiver simples racinent mieux que celles à talon car le bois des talons est souvent très dur.

taille en biseau

- Les boutures en plançon
- concernent surtout les saules et les peupliers. On choisit comme boutures des branches d’extrémité bien développées, aussi droites que possible, de 60 à 80 cm de longueur. On taille en biseau la base du rameau pour mieux l’enfoncer dans le sol, et l’on pique ces boutures géantes directement en place, en les enterrant environ 1/3 de leur longueur.

Plançon mis directement en place

- La reprise :
- Certaines espèces racinent rapidement dès le début de la période de mise en jauge, d’autres attendent le printemps. Il faut sortir les boutures de leurs tranchées vers le 20 mars, les séparer et les planter individuellement en pépinière dans une terre souple et légère. Celles qui ont formé des racines seront légèrement habillées par une égalisation du chevelu radiculaire et par la suppression des pivots. Les autres seront mises en place tout à fait normalement.

mise en pépinière au printemps

- La plupart du temps, on commet l’erreur d’enterrer presque complètement la bouture et de ne laisser que deux ou trois yeux à l’air libre. Mais cette précaution est inutile si les boutures sont déjà enracinées car les yeux extérieurs assurent une ramification rapide de la nouvelle plante. Les sujets issus de boutures à bois sec sont mis en place définitive dès l’automne. Les pousses issues de ces boutures devront être rapidement pincées pour favoriser la ramification et obtenir ainsi des plantes touffues et à la ramure équilibrée.

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bouture de rameau feuillé

Les boutures de rameaux feuillés
- Ces boutures sont prélevées en période de végétation. Leur longueur varie de 10 à 20 cm et elles sont toujours plantées sous cloche ou châssis, à l’étouffée. Ces boutures sont dites semi-herbacées, semi-lignifiées ou semi-aoûtées lorsqu’elles sont prélevées en été ; elles sont dites aoûtées ou lignifiées lorsqu’elles sont faites après l’été. L’enracinement se produit avant l’hiver pour les premières ; à l’automne et durant l’hiver pour les secondes, qui peuvent être mises en place ou repiquées au printemps.

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Bouture enracinée

- Se bouturent ainsi :
- l’érable du Japon, le mûrier à papier, les saules à petit développement, l’abélia, l’ampélopsis, l’aucuba, le séneçon en arbre, le berbéris, le buddleia, le buis, les bruyères, le camélia, le caragana, le caryoptéris, le céanothe, le cognassier du Japon, l’oranger du Mexique, la clématite, le cornouiller, le sumac, le cotoneaster, le cytise, le daphné, le deutzia, l’escallonia, le fusain, le forsythia, le genêt, le lierre, l’hibiscus, l’hortensia, le houx, le jasmin, la corète du Japon, le kolkwitzia, le faux ébénier, le laurier-sauce, la lavande, le troène, le chèvre-feuille, le mahonia, le laurier-rose, l’osmanthus,la passiflore, le pernettya, le pérovskia, la potentille, le laurier-cerise, le laurier du Portugal, le pyracantha, le rhododendron, l’azalée, le rosier, le romarin, le sureau, le skimmia, la spirée, le lilas, la viorne, le vitex, le weigelia, les conifères, le groseiller à maquereau, le myrtillier ainsi que les agrumes.

Les boutures d’yeux
- On bouture les yeux lorsqu’on ne possède pas assez de rameau-boutures, quand, par exemple, la plante est encore trop jeune et petite pour avoir pu se ramifier. Il s’agit de provoquer l’émission de racines directement d’un œil axillaire qui se trouve à l’aisselle du pétiole. Cette opération s’effectue toujours en hiver, au moment de la dormance. Il faudra créer une ambiance confinée et humide, et travailler sous abri.

bouture d'yeux

- Chez la vigne, l’œil reste solitaire mais, pour d’autres plantes (rhododendron, camélia, hortensia, dahlia, ronce d’ornement, loganberry, aphelandra, rosier), il est accompagné de sa feuille.

Couper le rameau en petits morceaux de 3 cm

- Pour la vigne,
- on choisit un rameau de l’année avec des yeux bien développés que l’on tronçonne en petits bouts de 3 cm de longueur présentant chacun un œil très apparent. La partie du rameau située derrière l’œil est incisée longitudinalement avec une lame de rasoir ou de greffoir. La bouture ainsi obtenue est posée sur le substrat après avoir été badigeonnée d’hormones sur la partie mise à vif.

Trancher longitudinalement

- Pour le camélia (ou autres plantes),
- on prélève un beau rameau feuillé, dont on ne conserve que la partie médiane. On prélève les feuilles avec leur pétiole et l’œil axillaire maintenu sur un talon d’écorce. La prise de la bouture est identique à celle effectuée lors de la bouture à talon. Il faut toutefois que le lambeau d’écorce soit assez épais de 5 mm environ, et long de 2 cm. Ensuite, on plante cette bouture dans le substrat comme pour la vigne. Il faut penser à tuteurer la feuille à l’aide d’un petit bâton pour éviter de déséquilibrer la bouture. Une mini-serre chauffante assurant une bonne chaleur de fond entre 25 et 26°C favorisera la reprise des boutures. La terrine posée sur la plaque de protection d’un radiateur peut aussi faire l’affaire .

Planter la bouture à plat.


Commentaires

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vendredi 20 avril 2012 à 01h22 - par  Pycris

Bonjour,

Vous avez bien lu : ce sont des boutures de bois sec prélevées sur des espèces de plantes résistantes au froid. Elles sont placées là afin d’éviter leur démarrage
précoce, qui serait compromis par de fortes gelées.
- Au printemps, il serait trop tard pour les prélever sur les plantes mères.

jeudi 19 avril 2012 à 14h33

Bonjour,
j’ai lu" placer au pied d’un mur exposé au nord", n’y a-t-il pas de risque de gelées ?
merci de votre réponse.

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