Par contre, les pommiers et les poiriers palissés sont taillés chaque année pour continuer la formation de l’arbre et assurer sa fructification.
1- Taille d’hiver
1er principe : alors que pour la taille de formation on taille court les branches longues et vigoureuses (c’est à dire qu’on enlève le maximum de bois), pour la taille de fructification, plus une coursonne est vigoureuse, moins on enlève de bois, c’est à dire que l’on taille long.
Une coursonne est vigoureuse lorsque sa longueur dépasse 20 cm dans le haut de l’arbre et 30 cm dans le bas.
Son diamètre est alors nettement plus gros que celui d’un crayon.
2è principe : une coursonne placée à l’extrémité d’une branche charpentière sera laissée très courte (2 yeux). Plus on revient vers la base de cette branche, plus les coursonnes seront laissées longues (5 à 6 yeux). La moyenne se situe à 3 yeux d’où la définition de "taille trigemme"
La taille de fructification des pommiers et poiriers vise à faire transformer un œil à bois en dard puis en bouton à fleur, donc à fruit. Cette transformation se fait en deux ou trois ans.
L’œil à bois se transforme lorsqu’on réalise un frein de sève soit par la taille, soit par l’arcure.
Le résultat de la taille n’est pas mathématique. C’est l’expérience qui permet de constater chaque année si la taille de l’année précédente était bonne.
-Exemple :
Considérons une coursonne placée à mi-hauteur d’une branche charpentière d’un fuseau.
Elle est composée de 7 yeux à bois.
Taillons à 3 yeux.
Si les 3 yeux se développent en donnant des rameaux, c’est que la taille a été trop courte. Il aurait fallu laisser 4 ou même 5 yeux, ce qui aurait épuisé la sève.
Si des 3 yeux, celui de la base se transforme en dard, et les deux autres donnent des rameaux, c’est que la taille est bonne.
Si aucun des 3 yeux n’évolue ou si l’un d’eux tend à disparaître, c’est que la taille a été trop longue.
Il aurait fallu ne laisser que deux yeux ou même peut-être un seul, ce qui aurait permis un plus grand afflux de sève.
Quand le bouton à fleur est formé, le but de la taille de fructification est obtenu.
On peut alors supprimer tout ce qui pousse au-delà de ce bouton à fleur, sur la coursonne.
2- L’arcure
Les coursonnes longues peuvent être soit taillées, soit arquées, c’est à dire recourbées et attachées à la branche charpentière. A l’endroit de l’arcure, la sève est freinée et provoque la mise à fruit.
Dès que celle-ci est réalisée, l’arcure est supprimée et la coursonne est taillée normalement.
Opérations d’été
-Pincement : les coursonnes sont suffisamment tendres pour être coupées avec les ongles, d’où le terme de "pincement". Cette taille permet de rattraper les erreurs de la taille d’hiver.
Une coursonne faible sera laissée longue.
Une coursonne vigoureuse sera taillée courte de façon à épuiser la sève.
On laisse pour le poirier de 4 à 7 feuilles et pour le pommier de 2 à 4 feuilles.
-Ébourgeonnement : certains rameaux d’extrémité des branches charpentières situés en verticale prennent une vigueur qui peut nuire au bon développement des prolongements. Ces rameaux verticaux sont coupés à la base.
Les opérations d’été sont rarement exécutées par les jardiniers amateurs qui sont un peu perplexes devant la complexité du feuillage d’un arbre. Elles sont utiles mais pas indispensables.